France Bleu 2/12 : Agenda Tutti Frutti 2022.

Comment ça va ? Je ne sais pas vous, mais moi l’hiver j’ai tendance à déprimer. Alors pour booster mon moral, j’ai plein d’astuces et de routines bien être. Ici je reviens sur ma chronique France Bleu Gironde du 2/12 : Agenda Tutti Frutti.

En cuisine, pour mettre du soleil et du peps dans mes assiettes, je cherche toujours de nouvelles idées. Avec l’agenda Tutti Frutti 2022, j’ai trouvé mon compagnon bonne humeur. Ce livre FEEL GOOD, je vais le poser devant moi sur mon bureau et j’y noterai mes rendez-vous gourmands.

Vous voulez en savoir un peu plus sur le contenu ?

L’agenda Tutti Frutti est un classique agenda papier sur lequel vous inscrivez votre planning jour par jour. Celui de Laurence Dessimoulie est organisé par semaine. Chacune occupe une double page illustrée d’une recette à base de fruits.

Pourquoi on aime l’agenda Tutti Frutti.

L’originalité de ce livre tient à la personnalité de Laurence Dessimoulie et à sa cuisine axée sur le bien-être et le respect des saisons. Les livres de Laurence sont le reflet de sa philosophie du manger responsable et de sa grande connaissance des plantes. Avec elle les fruits se consomment à maturité, les fraises en été et les pommes en hiver. Et quand la saison n’est pas propice aux fruits frais, elle bascule sur les fruits secs riches en bons sucres, en vitamine B et en antioxydants. 

Ici , un exemple de mise en avant d’un fruit riche en vitamine C, la grenade :

On prend beaucoup de plaisir à feuilleter ce livre qui en plus des recettes nous fait découvrir des produits originaux et nous rappelle à chaque page les bienfaits des fruits.

Alors si vous souhaitez mettre de la vitamine dans votre quotidien, je vous recommande ce petit ouvrage vendu au prix de 14€.

Sympa pour un cadeau de Noël. 

La Théorie des aubergines, roman de Leïla Bahsaïn

Aujourd’hui, je reviens sur un titre qui faisait déjà partie de ma liste de l’été https://sophiejuby.com/ete-2021-ma-liste-de-lecture. La théorie des aubergines de Leïla Bahsaïn on s’en doute ne parle pas de mathématiques mais de cuisine. Derrière ce drôle de titre se cache

Une histoire de femmes et de cuisine solidaire

Leïla Bahsan nous parle de Dija, web rédactrice au chômage que son ex employeur rappelle pour tenir la chronique au long cours d’un projet d’insertion par la cuisine. Stylo en main, l’héroïne suit la brigade du chef Achour dans son lent travail de retour au monde du travail. Ici la cuisine est prétexte à l’échange, au partage et à la reconquête de sa dignité.

J’ai aimé ce livre qui montre la cuisine sous un jour très particulier, celui du vivre ensemble.

Un livre où la cuisine permet de créer du lien social.

Les commis de cette cuisine pas ordinaire sont tous des cabossés de la vie, des exclus du monde du travail. Par petites touches, Leila Bahsan nous raconte leur parcours, leur mauvais chemin vers l’exclusion. Elle nous décrit aussi comment, au fil des jours, la brigade va se souder, se rassembler autour d’un projet commun, ici un diner en l’honneur du préfet de région. Les cassés vont retrouver courage et dignité. La cuisine va transformer leur vie.

Je n’en dévoile pas plus, je vous laisse découvrir l’histoire par vous même. Elle ne vous laissera pas indifférent.

La théorie des aubergines, de Leïla Bahsaïn. Editions Albin Michel 16,90€

Racisme ordinaire et nostalgie des origines, les autres thèmes du roman

En parallèle, Leïla Bahsan raconte le racisme ordinaire, les milles et une petites vexations subies par son héroïne, trop souvent utilisée comme l’arabisante de service face aux clients arabophone de son ancienne agence de pub. Elle évoque les difficultés de l’intégration, la nostalgie du pays perdu, le paradis de son enfance.

Le projet de la cuisine solidaire va aussi transformer sa vie. Le temps passé aux côtés du chef Achour et de son équipe va lui permettre une lente réconciliation avec ses origines marocaines. C’est un coucous, le plat

Mange-Tout, recettes du potager à la table de Carol Reid-Gaillard

Pour cette chronique de novembre, j’ai envie de partager mon coup de coeur pour le livre de Carol Reid-Gaillard, Mange-Tout. J’ai beaucoup aimé cet ouvrage qui associe recettes de cuisine et conseils de jardinage. L’auteur installée à Mailhos dans le Béarn nous fait partager la vie de sa micro ferme et de son merveilleux potager. Du printemps à l’hiver, on la suit dans ses travaux de jardin passant de la plantation aux cueillettes. Elles nous convie aussi à sa table où l’on déguste les légumes à tous les stades de leur vie. Rien qu’avec les yeux, on se régale des baby légumes puis de ceux devenus grands.

Le Minestrone au pesto, une recette du livre Mange-Tout aux Editions Sud Ouest

Un livre émouvant comme l’album de famille d’une amie

J’ai beaucoup aimé Mange-tout que l’on feuillette comme l’album d’une amie. Avec les nombreuses photos du jardin et des animaux, on entre dans l’intimité de Carol et s’y sent merveilleusement bien tellement son livre rayonne de tendresse pour son coin de paradis.

Je craque complètement sur les pages poulettes et vachettes, une vraie déclaration d’amour de Carol à ses animaux qui les traite en membres à part entière de sa tribu.

Tenez par exemple, les vaches, les sept béarnaises, elles vivent en liberté dans les 14 hectares de prairie bordant le domaine. Séduite par leur beauté, leur petit gabarit et leurs cornes en forme de lyre, Carol les a introduites sur la propriété juste pour contribuer à perpétuer la race. Elle n’en retire que du fumier pour son potager, un peu de lait quand leurs petits veaux sont repus et surtout du plaisir à les voir gambader dans le pré.

Même chose avec la basse-cour. Même chose avec la basse-cour. Quand Carol évoque Albert, Mary et Billy, c’est avec tellement de tendresse qu’on en viendrait nous aussi à rêver de poulailler juste dans l’espoir de nouer une aussi belle amitié avec des poulettes.

Mange-Tout, un livre original sur la cuisine des légumes du potager

Au delà d’une leçon de vie sur l’intelligence animale et le respect du vivant, Mange-tout reste un livre de recettes, environ 100, essentiellement végétales. Carol cuisine d’instinct le produit fraîchement cueilli d’une façon simple mais toujours savoureuse. Pour le goût, elle sait à merveille rehausser ses plats d’herbes aromatiques, de graines et de piment. Et pour la gourmandise, elle ajoute souvent un fromage de chèvre ou une mozzarella.

La tarte aux tomates du jardin de Carol Reid Gaillard, photo extraite de Mange-tout

Je termine cette chronique de novembre avec les info pratiques.

Si vous avez envie d’un moment de lecture bonheur, courez chez votre libraire chercher Mange-Tout.

Mange-Tout

Editions Sud-Ouest

256 pages, 22€

Chronique de septembre 2 : Les Ignorants

Dimanche, j’étais dans le Médoc et je me suis fais plaisir à pédaler dans les vignes allant de château en château au milieu de paysages magnifiques. C’était veille de vendanges et de la fébrile activité qui anime aujourd’hui les vignes il n’y avait que les prémices, des cars de vendangeurs portugais, des machines à remonter la vendange au pied des chais. A part cela, nous étions seuls dans le silence qui précède la joyeuse animation de la récolte.

Cette balade m’a donné envie de vous parler du métier de vigneron. Et pour cela j’ai choisi, une bande dessinée. Les Ignorants d’Étienne Davodeau. 

Cette Bd, c’est une initiation croisée entre un auteur et un viticulteur de la Loire. Chacun va inviter l’autre à partager son quotidien et découvrir les coulisses de son activité. 

J’ai aimé ce livre pour son côté didactique et ses dessins en noir et blanc qui donnent à l’histoire de la profondeur. 

Les Ignorants, une BD pour tout apprendre du métier de Vigneron

Dans le livre, on suit Richard Leroy au fil d’une année de production. L’histoire commence avec la taille, une activité essentielle pour canaliser la vigne plante liane à la croissance exubérante. 

On continue avec les autres travaux d’extérieur que l’auteur est invité à exécuter sous le regard amusé mais bienveillant de l’homme des vignes. Le dessinateur découvre les difficiles réveils à l’aube, le travail dans le froid et l’humidité, la fatigue musculaire mais aussi le bonheur du lever de soleil sur les vignes. Les deux hommes vont tour à tour planter, désherber, élaguer, nourrir les sols et protéger de la maladie à l’aide de préparations bio. 

En plus de bosser dur, on déguste beaucoup dans ce livre comme pour nous prouver que comprendre le vin c’est faire des allers-retours entre la vigne, le chai et la table avec à chaque fois l’envie de mettre tout le terroir dans un verre. 

Un livre utile qui explique simplement la production de vin en biodynamie

Les Ignorants aborde toutes les problématiques liées à la fabrication d’un vin.

On y parle de méthodes culturales biologiques, de sols vivants et d’une production sans chimie. Richard Leroy a choisi la biodynamie, une façon très naturelle qui mélange homéopathie des plantes, calendrier lunaire et bons sens paysan. Amoureux de son vin et de son terroir, il sait expliquer avec des mots simples la réalité du vin.

De son côté Etienne montre à son nouvel ami la réalité de la production d’un livre, les réunions éditoriales, les passages à l’imprimerie…..

Voilà j’espère que grâce aux ignorants et à cette chronique de septembre, votre prochaine dégustation aura un nouveau goût celui de l’amour et de l’effort. Plus jamais, vous ne regarderez une bouteille sans penser aux hommes qui ont fait le vin. 

Et si vous voulez en savoir plus sur la biodynamie. Voici l’exemple de la conversion en bio de Château Palmer

Les Ignorants

Editions Futuropolis

26€

Chronique de septembre, les larmes de ma vigne.

Pour cette chronique de septembre, je vous propose de parler de vins. C’est complètement d’actualité au moment où les vendanges viennent de commencer. Le livre du jour, c’est :

Les larmes de ma vigne, si le bio pouvait parler. Editions du Cherche midi.

J’ai aimé ce livre car il apporte

Un témoignage émouvant sur le quotidien d’un viticulteur.

Dans son livre témoignage, Denis Pommier nous fait partager une année dans les vignes. L’histoire commence en mars avec la taille, une activité essentielle dans la conduite de la vigne, plante liane dont la croissance naturelle est à la fois continuelle et anarchique.

On continue par le mois de toutes les incertitudes, avril. A cette période, la vigne vient juste de sortir de son long hivernage. Le viticulteur vit portable à la main, toujours en alerte, l’esprit occupé à analyser la météo. Dès que les températures chutent sous le zéro, c’est la mobilisation générale. Dans le vignoble, tous les hommes se préparent à la lutte. Contre l’ennemi, ils ne disposent pourtant que de moyens limités bougies et botte de foin que l’on allumera au petit matin dans l’espoir fou de réchauffer l’air à proximité des ceps. Parfois Denis Pommier renonce à installer ces dérisoires défenses, laissant la nature décider de la suite.

Ensuite, le livre nous fait traverser les mois de mai, juin et juillet ne donnent pas de répit côté météo. A cette époque, on craint les attaques du mildiou et les orages de grêle. Ce n’est qu’au mois d’août que le viticulteur peut respirer et déjà anticiper sur la récolte à venir.

Septembre dans les vignes, le mois du premier bilan

Dans le vignoble, septembre est le mois crucial où l’on fait les comptes. Certaines années, la nature se montre généreuse, les raisins gorgées de soleil annoncent une belle vendange. Et puis parfois, le destin est contraire, le millésime rebelle.

Il y a des années difficiles et même des années noires. A Chablis on se souvient du gel de 2003, de 2016 et de 2017.

2021 lui aussi sera marqué par une météo cauchemardesque avec un épisode de gel dramatique début avril, des attaques de mildiou et une pluviosité importante en juillet qui vont donner au final de tout petits rendements pour les Chardonnay.

Dans ces années particulièrement exigeantes, le viticulteur bio dispose de moyens limités. Les traitements au cuivre sont lessivés avec la pluie et obligent dont à multiplier les passages dans la vigne. C’est tout la difficulté de la conduite en vert d’une vigne que le livre de Denis Pommier met bien en avant. Il nous explique très simplement pourquoi et à quel moment il a décidé et pu se convertir.

Le choix du bio : ça s’est fait naturellement

Ça s’est fait naturellement. Je le répète comme un mantra à chaque fois qu’on me pose la question, celle qui revient inévitablement dès que je parle de mes vins.

Les larmes de ma vigne, Denis Pommier aux éditions du Cherche midi

Dans un contexte sociétal où le consommateur réclame du bien manger et boire, le livre de Denis Pommier apporte un éclairage intéressant sur le choix du bio ou pas.

Viticulteurs autodidactes, Isabelle et Denis Pommier ont fait le choix du bio il y a une dizaine d’années. La décision s’est prise avec le temps, une fois le domaine installé et pour des raisons aussi nombreuses qu’évidentes. Je citerai les principales :

  • le malaise grandissant d’employer des produits frappés d’une tête de mort et dont l’épandage provoque des dégâts visibles sur l’environnement
  • L’envie de protéger la santé des employés du domaine, de ses enfants.
  • L’apparition de nombreux cas de cancer dans son entourage

Aujourd’hui, Denis Pommier mesure le chemin accompli. Fier d’avoir accroché la petite feuille verte, le logo AB sur ses bouteilles, il n’en reste pas moins discret tellement le parcours a été difficile.

Rencontre avec Isabelle et Denis Pommier à Chablis

Début septembre, j’ai profité d’un voyage professionnel dans en Bourgogne pour aller à la rencontre d’Isabelle et Denis Pommier. Ce fut un joli moment de partage autour de leurs vins.

Les Larmes de ma vigne, un livre à lire absolument.

Pour terminer cette chronique de septembre, j’insisterai sur l’intérêt pédagogique des Larmes de ma vigne. Au fil des mots, nous marchons dans les vignes avec Denis Pommier, nous tremblons avec lui à l’annonce du gel et nous comprenons son métier qui devient encore plus complexe avec le passage à l’agriculture biologique.

24 juin : dernière chronique avant de nous dire adieu

Puisque demain, nous partons en vacances, je vous propose de terminer l’année avec un livre Feel good, une histoire de cuisine et de Sud-Ouest, un bouquin facile à glisser dans votre valise. 

Mon gros coup de coeur du moment va à :  Ce que les étoiles doivent à la nuit d’Anne – Gaëlle Huon. 17€90 aux Editions Albin Michel Une jolie histoire de cheffe, de pays basque et d’émotions. On commence dans le drama avec des cœurs brisés, des carrières stoppées net et des coups du sort. On continue avec de l’espoir, de la tendresse pour terminer avec  … Et là je m’arrête. Il vous faudra lire le livre pour connaitre la fin.

Si je reviens au début, je vois

Chronique de juin : Roman Feel good de l’été

Deux histoires emmêlées, deux destins uniques

Il y a déjà Balthazar, le fils d’un paysan pauvre qui un soir de l’été 1951 entre par effraction dans la vie de la fantasque Romy. La belle mène une vie de bohême auprès d’une riche marquise dont la fabuleuse villa et les soirées enchantées sont connus de tout Biarritz. 

Et puis il y a Liz, une jeune cheffe venue au pays Basque sur un coup de tête après avoir perdu réputation et promesse d’étoile lors d’une effroyable soirée où l’inspecteur du Michelin venait juger de sa cuisine. Alors qu’elle semble toucher le fond, la vie met sur son chemin un mécène qui lui donne les clés d’un bistro de campagne à charge pour elle de le transformer en restaurant gastronomique en douze semaines. Voilà que Liz retrouve la niaque de ses débuts et accepte de relever le défi.

A partir de là, l’auteur nous fait vivre les deux histoires en parallèle alternant les chapitres Balthazar avec ceux de Liz. Cette astuce ajoute du suspense, modifie le rythme du récit et excite notre curiosité, notre impatience à clarifier les liens qui unissent les deux histoires. On est pris dans l’intrigue, et bien décidé à ne refermer le livre qu’une fois tournée la dernière page. 

Ce qui m’a plu dans ce livre 

Au-delà du parcours de Liz, dont on comprend très vite qu’elle va réussir son pari, il y a dans le livre un regard très juste sur le monde de la cuisine gastronomique. On parle de réputation massacrée, de trajectoire brisée et de la dureté du monde de la cuisine. Anne-Gaëlle Huon nous emmène de l’autre côté du passe, là où l’on trime dur, là où l’on transpire et se bat pour sortir une belle assiette. 

On y trouve aussi Des seconds rôles attachants

Dans Ce que les étoiles doivent à la nuit, il y a une dizaine de personnages qui gravitent autour des héros. Tous ont traversé des épreuves douloureuses qui les rendent attachants et terriblement humains. Il y a Gwen la blonde jeune femme mère d’une petite Nine, délicate enfant au cœur trop fragile. Il y a Peyo le cuisinier taiseux dont on devine qu’il cache un douloureux secret, Rosa la vielle dame charmante, ses copines les jumelles Léonie et Augustine, Basilio, le commis au talent caché de pâtissier et bien d’autres seconds rôles qui donnent du relief à l’histoire. 

Ce Que les étoiles doivent à la nuit s’emporte sur la plage. Il fait parti des titres que je vous recommande pour cet été. Si vous chercher d’autres titres, c’est ici :

Vous retrouverez dans quelques jours la liste complète sur mon blog https://sophiejuby.com

Chronique de Juin : Les recettes de la vie, de Jacky Durand

Dimanche 20, nous fêterons les papas, les darons, les padrés. Alors pour cette chronique de juin, j’ai envie de vous parler de cette relation unique qui lie un fils et son père. Dans les recettes de la vie de Jacky Durand, on est en plein dans le sujet, dans l’évocation pudique d’un amour si particulier fait d’admiration pour l’homme et de respect pour le patron-ouvrier. 

Chronique de Juin sur France Bleu Gironde : les recettes de la vie de Jacky Durand

Une histoire de cuisine et de transmission

Le récit commence la nuit où le père, chef-propriétaire du Relais fleuri s’éteint doucement sur son lit d’hôpital, les poumons rongés d’un excès de cigarette. Julien, son fils au moment des aux revoir refait le chemin de leurs vies depuis le temps du CM1 où la mère est partie. Il repart au pays de son enfance quand l’équipe du restaurant lui tenait lieu de famille. 

Au centre on trouve le père, cuisinier-artisan, toujours vêtu d’un jeans, d’un t-shirt blanc et d’un tablier bleu, pieds nus dans ses gros sabots noirs, la gitane au coin du fourneau et la passion cuisine chevillée au corps.  A ses côtés, on trouve lulu le fidèle commis, compagnon de toujours depuis leur rencontre en Algérie pendant la triste guerre. Lulu le solitaire et sa vieille mobylette. Il y a aussi Nicole la serveuse au grand coeur qui fait aussi office de mère de substitution. Et c’est trois là s’entendent sans se parler pour faire tourner le bistro. On y sert une cuisine populaire à une clientèle d’habitués.

La dure vie de chef-propriétaire.

On travaille dur au bistro et l’on vit simplement. Les plaisirs de la vie, c’est la brioche du dimanche, c’est le pâté de campagne qu’on fait le samedi pour tenir la semaine. Le chef travaille sans recette, ni pesée. Il cuisine d’instinct des plats généreux qui nourrissent son homme mais n’enrichissent pas le chef. Alors pour son fils, le père voudrait une vie meilleure, loin des fourneaux.

Mais Julien, la passion, il l’a reçu en héritage et il entend bien en faire son métier. Alors patiemment, il se forme, le soir après l’école, il reproduit les recettes du père. Celles que la mère a écrite sur un cahier recouvert de cuir et qui a disparu avec elle. 

La relation père-fils reste au cœur du roman. Elle se distend quand le jeune bachelier part faire ses études à Dijon puis se consolide quand le jeune homme choisit de revenir au Relais Fleuri. 

Il y a d’autres figures à découvrir dans le récit. Il y a Hélène, la mère agrégée de lettres et bien d’autres visages qui font le sel du roman. Quant à la touche finale, je ne la dévoile pas, je vous invite à la lecture des recettes de la vie, une court roman disponible en format poche.

Les recettes de la vie

Collection poche . Folio

Prix 7,50€

Chronique d’avril: le ventre de Paris, Emile Zola

Avril 2021, je délaisse la cuisine au profit de la littérature. J’ai décidé de confiner utile et de ne plus gaspiller mon temps libre. 

  • Au premier lockdown, j’ai fait des gâteaux, 
  • Au second je me suis mise au yoga 
  • Au troisième je nourris mon cerveau. 

Je n’ai rien trouvé de plus exotique, de plus captivant pour m’échapper de l’ambiance anxiogène de ces temps de pandémie que la lecture des Rougon Macquart d’Emile Zola. Dans cette chronique, je partage mon coup de coeur pour le ventre de Paris d’Emile ZOLA, un roman qui a pour cadre les Halles de Paris du temps où l’endroit était le coeur du Paris gourmand.

Les Rougon Macquart, le chef-d’oeuvre d’Emile Zola

Vous connaissez je suppose certains romans de la Saga. Gervaise, Nana et Au bonheur des dames sont toujours au programme du Lycée. 

Aujourd’hui je vous recommande de relire le ventre de Paris, mon préféré des épisodes de cette épopée en 20 romans. 

Pour nous les amoureux de la cuisine et du bon produit, c’est un régal, une immersion dans le paris populaire et culinaire du XIX. On y suit Florent, un évadé du bagne de Cayenne qui trouve dans les Halles de Paris un monde où se cacher. On y croise un peuple fascinant régit par la hiérarchie des métiers depuis les simples vendeuses de bouquets à deux sous jusqu’aux marchandes bien installées derrière leur étal. 

Au fil des pages, nous nous baladons dans ce marché fabuleux. On imagine les bruits, les odeurs bonnes et mauvaises. C’est vraiment une expérience virtuelle incroyable.

On y parle beaucoup poisson mais aussi cochon. Le frère du héros est charcutier. Sa boutique nous est décrite avec délectation. Zola parle d’un univers de saucisses, de langues fourrées, de pieds de cochons, de boudins et de pâté tout chaud où la viande dort dans un lac de graisse figée. 

Dans le livre tout nous ramène à la nourriture au point que les personnages ont le physique de leur repas. La méchante et décharnée vieille fille mademoiselle Saget se nourrit de rogatons quand Lisa, la belle charcutière à la chair rose trone au milieu de son étalage de victuaille. Vous ne pourrez que sourire à la lecture de ce grand classique et en ce moment cela fait un bien fou. 

Gervaise, Nana la chute et l’ascension des femmes au XIX

Si vous aimez, les sagas, il faut lire absolument Gervaise et Nana. Le premier parle du paris populaire et ouvrier de la Goutte d’Or quand le second nous ouvre les portes des boudoirs et des hôtels particuliers où les hommes du monde venait s’encanailler et perdre leur fortune avec des cocottes insasiables. A chaque fois, la cuisine, la table et le repas occupent une place très importante dans le récit.

Dis-moi ce que tu manges et je te dirais qui tu es.

Brillat – Savarin 1825

Cette phrase de Brillat-Savarin, auteur culinaire, trouve dans les Rougon-Macquart sa parfaite illustration. Chez Zola, le repas a une dimension symbolique majeure. Dans le livre, il y a le snacking, le déjeuner avalé sur un coin de table. Mais il y a surtout le banquet, celui des noces et celui qu’on offre aux voisins pour montrer sa nouvelle position sociale.

Dans Gervaise, l’héroïne convie les habitants du quartier à partager un festin pour l’inauguration de sa blanchisserie, commerce qu’elle mangera petit à petit en boisson et régalades.

Plus tard,Nana, la fille d’ouvrier pauvre devenue femme entretenue marquera son installation dans un hôtel particulier par un banquet où elle étalera un luxe de vaisselle et de mets choisis.

Le repas gastronomique à la française, un élément du patrimoine mondial

Pour terminer sur la place de la cuisine et du repas chez Zola, je dirais que l’écrivain en homme de son siècle montre l’importance prise par la gastronomie à cet époque. L’essor de la bourgeoisie au XIX révolutionne la cuisine française. Tout ce qui était autrefois réservé à la cour entre dans le monde nouveau des familles enrichies par le commerce et l’industrie.

La salle à manger est une invention de cette époque comme vous pouvez le découvrir ici: http://bordeaux-cuisine-and-co.org/tag/arts-decoratifs-bordeaux/

Voilà, il ne vous reste plus qu’à courir chez votre libraire favori. Je rappelle qu’en ce troisième confinement le livre est devenu essentiel. On trouve les romans d’Emile Zola en édition poche au prix de 4€. C’est un voyage dans le temps qui ne vous ruinera pas. 

Chronique de mars : le curry japonais

Chronique de mars 2021: le curry japonais.

la semaine dernière, je vous emmenais au Japon vous promener sous les cerisiers en fleurs et vous perdre dans les rues de Tokyio, une capitale gastronomique.  Aujourd’hui je vous propose de continuer notre voyage gourmand avec une recette de nouilles au curry extraite du petit livre : Le curry japonais aux Editions de l’Epure.

Ce livret rassemble 10 recettes originales.  Je vous ai sélectionné un plat très populaire au Japon :  le Karé Soba. Cette préparation de nouille de sarrasin est servie dans un bol et arrosé d’un bouillon dashi enrichi de poulet, de champignons japonais et d’une sauce curry. 

Au Japon, le curry se présente le plus souvent sous une forme solide, une pâte prête à l’emploi à mélanger avec un bouillon. C’est donc hyper facile à utiliser et cela en fait un plat de la cuisine de tous les jours. 

Karé Soba : la recette minute

Alors pour cette recette, il vous faut déjà :

un carré de curry japonais,  1 bouillon dashi, 3 petits poireaux, 250 gr de poulet taillé en lanières et 250 gr de champignons, japonais ou pas. 

Ensuite, nous aurons aussi besoin de mirin (assaisonnement japonais, sorte de saké très doux) et de sauce soja.  

Recette du Karé soba, nouilles au curry, le pas à pas

  • Vous préparez d’abord la sauce en diluant le cube de curry avec du bouillon chaud à base d’eau et d’algues Kombu séchées. Il vous faut 180 cl de bouillon.
  • Puis, Dans une sauteuse, vous faites revenir à l’huile, les poireaux taillés en rondelles et les champignons coupés. 
  • Vous ajoutez le poulet, le bouillon dashi, 10 cuillères à soupe de sauce soja japonaise, 6 cuillères de mirin. 
  • Pendant que la sauce épaissit gentiment, vous mettez les pâtes à cuire. 

Cinq minutes plus tard, c’est prêt. 

  • Il vous reste à déposer les nouilles dans un grand bol et de recouvrir de deux bonnes louches de sauce curry. 

Et c’est tout. Avouez que c’est hyper simple

Nouilles japonaises au curry : les ingrédients

Nouilles japonaises au curry : les ingrédients

Ici, je vous donne deux versions de la recette. La première est directement extraite du livre et utilise des épices Roellinger. La seconde est mon adaptation avec de la pâte curry déjà préparée.

Le curry japonaisSophie Juby, le test
7 cuillères à café de curry japonais1 bloc de curry japonais du commerce
600 gr de nouilles soba ou udon600 gr de nouille de sarrasin ou de blé complet
60 gr de katsuobushi
10 gr de feuilles de Kombu entières10 gr de feuilles de Kombu entières, à défaut des algues de Bretagne
10 cuillères à soupe de sauce soja japonaise10 cuillères à soupe de sauce soja japonaise
4 cuillères à s de fécule de pomme de terre
2 cuillères à s de farine
6 cuillères à s de Mirin6 cuillères à s de Mirin
1 cuillère à s de sucre
250 gr de poulet taillé en lanières250 gr de poulet taillé en lanières
250 gr de champignons japonais250 gr de champignons de paris
1 cuillères à soupe d’huile neutre1 cuillères à soupe d’huile neutre

Faire soi-même un curry japonais :

la pâte de curry déjà préparée a le mérite d’être facile à utiliser. Cependant, comme toute préparation industrielle, elle contient une tonne d’additifs. Je ne suis donc pas très fan. 

J’ai donc cherché sur le net et j’ai trouvé une préparation plus healthy sur le site …. Epice rollinger. Leur mélange se compose de coriandre, fenouil, cumin, fenugrec, poivre, algue, soja et d’autres ingrédients secrets. 

Vous trouvez aussi des mélanges dans certaines bonnes épiceries fines. A Bordeaux, nous avons la chance d’avoir le dock des épices, rue Saint James. Ils vendent du curry Ibaraki. 

Avec des épices en poudre, on réalise son karê soba à partir d’un roux brun (on fait chauffer un peu d’huile auquel on ajoute la farine, la fécule de pomme de terre et le curry) avec un peu de bouillon dashi. Puis on dilue la préparation avec l’intégralité du bouillon – 180cl-

C’est un peu plus long que le carré instantané mais cela permet de maitriser les doses de sel et de sucre.

Une fois la sauce démarrée, on reprend la recette citée plus haut en ajoutant les champignons et le poulet. Et au final, on verse sur les nouilles.

J’en ai terminé pour la recette. Si vous souhaitez vous procurer le livre,  le curry japonais de Ryoko Sekiguchi et de la famille Roellinger est publié aux Editions de l’Epure au prix de 8 €

Ce que j’ai aimé dans le livre :

  • Le produit, l’esthétique et la fabrication à l’ancienne totalement adapté à la culture japonaise du bel objet papier. 
  • C’est un petit cahier relié au fil et formé de pages pliés à découper avant usage
  • Les recettes originales et accessibles. 

Et maintenant, à vous de jouer. Le curry japonais nous ouvre d’infinies possibilités. Plus doux que son cousin indien, il permet de réaliser des plats économiques et originaux. Et le bonus, c’est de nous emmener en voyage pour une soirée.

Tokyo, un livre à voyager aux Editions du Chêne

Mars 2021, un an déjà que nous avons rangé nos valises. En guise d’évasion, Il nous reste les souvenirs mais aussi les livres, machines à rêver et à voyager. Aujourd’hui je vous emmène dans un pays à la gastronomie aussi riche que fascinante. Destination le Japon avec le très joli Tokyo aux éditions du Chêne, une maison spécialisée dans les beaux ouvrages illustrés. 

Avec Tokyo, nous partons à la découverte d’une mégalopole aux 40 millions d’habitants. Les auteurs Johann Fleuri et Pierre Javelle nous font découvrir le meilleur de la seconde plus grande ville du monde. Ils posent un regard d’esthètes amoureux sur les lieux. Ils mélangent l’histoire, l’architecture et les habitudes de 8 quartiers choisis pour leur personnalité attachante. Leur travail nous permet d’imaginer la physionomie d’une ville où le passé se limite souvent aux temples, aux parcs et à quelques rues, derniers vestiges d’une histoire douloureuse.

Tokyo est une survivante. Elle a connu deux évènements destructeurs : un tremblement de terre en 1923 qui a fait plus de 60 000 morts et détruits des quartiers entiers  et les bombardements américains en 1945. 

Tokyo, la capitale aux 160 000 restaurants

Côté gastronomie, la capitale nippone mérite le voyage. Ville la plus étoilée du monde, elle ne compte pas moins de 160 000 restaurants. Ils sont en général dédiés à une spécialité comme les ramen (ce sont des nouilles de blé que l’on mange dans un bol rempli d’un bouillon parfumé ), les sushis ou les yakitoris.  

Pour nous les occidentaux, l’expérience est une véritable fête. La cuisine japonaise bouleverse nos référentiels visuels et gustatifs. Dans un diner au restaurant, tout nous interpelle, tout est nouveau et déroutant.

Là-bas, on mange au bol et à la baguette, des bouillons, des brochettes, des bouchées, des portions. Tout change dans la présentation des plats, la vaisselle, le mode de dégustation. Et côté recettes, les ingrédients, les cuissons et les saveurs diffèrent de ceux que nous connaissons déjà. 

Le livre Tokyo par ses nombreuses illustrations nous ouvre les portes d’un univers incroyable. Il donne un aperçu de la richesse de la cuisine japonaise. Tenez par exemple, savez-vous que l’on mange du curry au Japon. Très différent de son cousin indien, le curry Japonais est un plat très populaire – recette ici : http://bordeaux-cuisine-and-co.org/tag/nouilles-japonaises/

Tokyo, un livre séquencé en 8 chapitres autour de quartiers 

Pour chaque quartier sélectionné, le livre nous propose un itinéraire de balade qui nous fait découvrir les sites remarquables, les temples, les parcs mais aussi les adresses gourmandes. 

Johann et Pierre nous ont précèdé dans Tokyo et choisi pour nous 

Nous commençons par le centre historique, le quartier de Chuo connu pour le Tsukiji market, l’ancien marché au thon de la ville. Le négoce de gros a été déplacé mais il reste un immense espace dédié à la restauration. Nous allons nous régaler de poissons et de fruits de mer. Au comptoir de petites échoppes, nous commandons des petits crabes sucrés à déguster entier, des Saint Jacques grillées sur de mini barbecue…

Le soir, nous poursuivons notre balade gastronomique par un diner à Tsukishima, un quartier moins connu où l’on se régale d’une galette garnie de viande ou de fruit de mer, une monjayaki. Celle-ci est cuite minute devant nos yeux sur une plaque chauffante

Je pourrais prolonger la visite avec vous mais nous manquons de temps. Je vous recommande donc de feuilleter Tokyo à la maison et de partir dans une véritable déambulation au pays du soleil levant. Ce livre est une invitation au voyage et à la gourmandise. Et pour ceux qui souhaitent prolonger l’aventure asiatique, je vous suggère d’aller faire un tour du côté de nos restaurants bordelais. Certains ont de très bonnes propositions de vente à emporter. 

La liste complète des chapitres, les 8 quartiers à voir absolument 

  • Chuo – marché au poisson de tsukuji market 
  • Taito – cuisine de rue – yakitori
  • Bunkyo – rue  yanaka  ginza – ruelle des chats – petits snacks
  • Shinjuku – karaoké et boire un verre
  • Setagaya – quartier bohême- nous irons au restaurant shirube
  • Shibuya, célèbre pour son carrefour …- coin des friandises  harajuku 
  • Meguro – boire un café dans une boutique tendance
  • Chiyoda – quartier d’affaires

Ce que j’ai aimé :

  • Les couleurs
  • l’esthétique
  • La mise en page soignée
  • La richesse de l’iconographie

Je termine par les informations sur Tokyo,le livre à voyager. C’est aux Editions du chêne et coute 29,90€. Tokyo de Johann Fleuri et Pierre Javelle : un regard sur l’architecture, la singularité et les essentiels de 8 quartiers singuliers