Le pain de l’Amitié, l’essentiel de la cuisine partage. Un repas chaud chaque jour et sans condition.

Témoigner, partager, offrir une tribune à la cuisine solidaire est une des raisons d’être de ce blog. Aujourd’hui, je t’emmène dans les cuisines du Pain de l’Amitié à Saint Nicolas. L’association sous sa forme actuelle existe depuis 2012 mais elle a été crée par une équipe de Saint Vincent de Paul en 1984. A l’origine, le Pain de l’amitié servait juste une soupe chaude. Aujourd’hui, son directeur Jean-Philippe Gautriaud aidé d’une équipe de 130 bénévoles travaille sur deux missions complémentaires : la distribution de repas chauds et la gestion d’une épicerie sociale.
J’aimerais mettre en lumière Didier, Maria, Lisa, Martine et tous les autres. Ils sont retraités, en reconversion, religieuse, femme au foyer ou même parfois salarié et donnent leur temps, leur énergie et leur joie de vivre pour les plus fragiles. Ils cuisinent et distribuent chaque midi, y compris le dimanche, une moyenne de 120 repas. _DSC3506

Ils sont une douzaine de bénévoles et trois services civiques à se relayer en cuisine, encadrés par le directeur salarié du restaurant Hugues Tornade. Chaque matin, il élabore un menu en fonction des denrées disponibles. Le repas reste simple mais équilibré et contient toujours un plat chaud. Pour son approvisionnement, l’association se fournit quotidiennement auprès de la Banque Alimentaire de Bordeaux et de la Gironde. Du lundi au vendredi, une équipe part chaque matin à la Banque Alimentaire faire un marché de produit frais, légumes, viande ou poisson.

− Aujourd’hui, c’est brandade de morue de chez …. Bonne marque. On aura juste à faire gratiner au four.
− Et pour compléter ?
− Une soupe de chou-fleur et de la tarte aux pommes._DSC3602

− Waouh, elle est jolie votre tarte aux pommes.
− Merci, je vais même faire un caramel pour terminer.

Didier le chef, un vrai pro qui a même fait un passage chez Marc Veyrat prend plaisir à partager ses trucs et astuces. Aujourd’hui j’apprendrai même à faire un joli caramel._DSC3591_DSC3604

L’association bénéficie de l’aide logistique de la mairie de Bordeaux, de quelques subventions et s’autofinance en partie grâce à la participation de 1€/repas des convives. Elle trouve aussi du soutien auprès de clubs services tel le Rotary qui a financé l’achat du camion frigo. Les mêmes donateurs ont contribué à réinstaller l’association dans des locaux neufs en 2013.
Cette derière accueille sans conditions, de septembre à mi juillet, un public composé au 2/3 d’allocataires du RSA. Les autres sont des travailleurs pauvres ou des retraités avec de petites pensions. Environ 20% n’ont pas de domicile. Ils vivent dans la rue, en foyer ou sont parfois hébergés chez des amis. Les situations sont difficiles mais l’ambiance est bonne portée par l’accueil chaleureux de l’équipe de distribution.

_DSC3525_DSC3536
En parallèle, l’association gère une épicerie sociale ouverte du mardi au vendredi après-midi. En 2015, 280 familles ont pu se fournir auprès de cette structure à raison de trente personnes par jour d’ouverture. Les denrées y sont vendues 10% du prix public. Elles proviennent aussi de la banque Alimentaire de bordeaux. Les arrivages sont aléatoires, au gré des donateurs. L’ouverture des glaciaires est toujours une surprise._DSC3555_DSC3561_DSC3564

− Regarde Marie, du poisson, un gros poulet !
− Génial ! on va faire des heureux !

Les produits sont étiquetés avant la mise en rayon. Un tableau de conversion entre les produits et les prix pratiqués permet à chacun d’organiser son petit marché. Les bénéficiaires sont accueillis sous conditions de ressource. Une équipe d’accueil examine chaque demande en calculant le reste à vivre de la famille.

_DSC3556

 

 

Ce type de structure se développe bien à Bordeaux. Elle permet de servir une population dont les revenus sont juste au dessus de la limite pour bénéficier de distributions gratuites. L’épicerie sociale permet d’envisager une sortie en douceur de l’aide alimentaire et de la précarité. Elle redonne de la dignité aux plus faibles, belle invention de l’économie solidaire au service de la cohésion sociale et de la réinsertion.

Merci à Jean-Philippe, Hugues, Didier, Lisa et tous les autres pour votre générosité et votre regard bienveillant. Vous faites un super boulot au quotidien et en toute discrétion.

 

Lien pour marque-pages : Permaliens.

Les commentaires sont fermés