Chronique de septembre 2 : Les Ignorants

Dimanche, j’étais dans le Médoc et je me suis fais plaisir à pédaler dans les vignes allant de château en château au milieu de paysages magnifiques. C’était veille de vendanges et de la fébrile activité qui anime aujourd’hui les vignes il n’y avait que les prémices, des cars de vendangeurs portugais, des machines à remonter la vendange au pied des chais. A part cela, nous étions seuls dans le silence qui précède la joyeuse animation de la récolte.

Cette balade m’a donné envie de vous parler du métier de vigneron. Et pour cela j’ai choisi, une bande dessinée. Les Ignorants d’Étienne Davodeau. 

Cette Bd, c’est une initiation croisée entre un auteur et un viticulteur de la Loire. Chacun va inviter l’autre à partager son quotidien et découvrir les coulisses de son activité. 

J’ai aimé ce livre pour son côté didactique et ses dessins en noir et blanc qui donnent à l’histoire de la profondeur. 

Les Ignorants, une BD pour tout apprendre du métier de Vigneron

Dans le livre, on suit Richard Leroy au fil d’une année de production. L’histoire commence avec la taille, une activité essentielle pour canaliser la vigne plante liane à la croissance exubérante. 

On continue avec les autres travaux d’extérieur que l’auteur est invité à exécuter sous le regard amusé mais bienveillant de l’homme des vignes. Le dessinateur découvre les difficiles réveils à l’aube, le travail dans le froid et l’humidité, la fatigue musculaire mais aussi le bonheur du lever de soleil sur les vignes. Les deux hommes vont tour à tour planter, désherber, élaguer, nourrir les sols et protéger de la maladie à l’aide de préparations bio. 

En plus de bosser dur, on déguste beaucoup dans ce livre comme pour nous prouver que comprendre le vin c’est faire des allers-retours entre la vigne, le chai et la table avec à chaque fois l’envie de mettre tout le terroir dans un verre. 

Un livre utile qui explique simplement la production de vin en biodynamie

Les Ignorants aborde toutes les problématiques liées à la fabrication d’un vin.

On y parle de méthodes culturales biologiques, de sols vivants et d’une production sans chimie. Richard Leroy a choisi la biodynamie, une façon très naturelle qui mélange homéopathie des plantes, calendrier lunaire et bons sens paysan. Amoureux de son vin et de son terroir, il sait expliquer avec des mots simples la réalité du vin.

De son côté Etienne montre à son nouvel ami la réalité de la production d’un livre, les réunions éditoriales, les passages à l’imprimerie…..

Voilà j’espère que grâce aux ignorants et à cette chronique de septembre, votre prochaine dégustation aura un nouveau goût celui de l’amour et de l’effort. Plus jamais, vous ne regarderez une bouteille sans penser aux hommes qui ont fait le vin. 

Et si vous voulez en savoir plus sur la biodynamie. Voici l’exemple de la conversion en bio de Château Palmer

Les Ignorants

Editions Futuropolis

26€

Le déjeuner de copines

Élevé dans la religion, j’ai gardé de mon enfance en pays catholique le goût des rituels et des cérémonies. La vie est tellement plus belle dans ces moments attendus et préparés qui reviennent selon un calendrier perpétuel. Dans le registre vie sociale, j’adore le déjeuner de copines, celui qui nous rassemble chaque mois autour d’une jolie table. Le scénario varie peu, seul le décor et les recettes évoluent avec les saisons.

Hier, nous avons renoué avec notre rendez-vous mensuel. C’était doux et bon de se retrouver. On s’est raconté en toute bienveillance nos vacances, nos histoires de filles, nos petits problèmes et nos bobos. On a échangé des recettes, quelques adresses et des bons plans.

On a parlé de chance aussi, celle de vivre en France, pays où les femmes vivent en grande liberté. On mesuré les progrès accomplis par rapport à nos mères et grands-mères qui vivaient souvent leur intimité dans la solitude sans le soutien d’un groupe de copines capables de parler love, food et même gynécologue.

Le menu du déjeuner de septembre

Passionnées de food et de vin, nous sommes adeptes de la cuisine maison et du sourcing local quand c’est possible. Chacune réalise un plat selon son envie du moment et ensuite on partage. Sur notre table, il y avait donc :

  • les derniers légumes soleil en ratatouille au pesto accompagnés d’une onctueuse burrata. Une idée de Sandrine
  • un houmous et ses crackers maison à retrouver sur le blog d’Eva Torocoro.
  • Un risotto de quinoa vert enrichi de crème coco, gingembre et parmesan inspirée d’une recette du chef Juan Arbelaez très regardée par notre Delphine.
  • des travers de porc à la séchouanaise, un délice du pays de Marie
  • une assiette de fromage assortis booster par un plat de figues rôties. Une tuerie. Encore une idée de Sandrine
  • un pain aux fruits du moment du boulanger favori de Gwenaëlle
  • un crumble amandes et pommes, le dessert de saison de Sophie
  • Et parce qu’on amuse pas la galerie, un Pouilly Fuissé en guise d’apéro suivi d’un Côtes du Roussillon spécial nous : Les Sorcières du Clos des Fées. Encore une trouvaille de Gwen

Notre déjeuner de copines a largement dépassé le temps habituel d’un repas. Il faut avouer que six nanas passionnées, cela fait beaucoup d’histoires à raconter.

Chronique de septembre, les larmes de ma vigne.

Pour cette chronique de septembre, je vous propose de parler de vins. C’est complètement d’actualité au moment où les vendanges viennent de commencer. Le livre du jour, c’est :

Les larmes de ma vigne, si le bio pouvait parler. Editions du Cherche midi.

J’ai aimé ce livre car il apporte

Un témoignage émouvant sur le quotidien d’un viticulteur.

Dans son livre témoignage, Denis Pommier nous fait partager une année dans les vignes. L’histoire commence en mars avec la taille, une activité essentielle dans la conduite de la vigne, plante liane dont la croissance naturelle est à la fois continuelle et anarchique.

On continue par le mois de toutes les incertitudes, avril. A cette période, la vigne vient juste de sortir de son long hivernage. Le viticulteur vit portable à la main, toujours en alerte, l’esprit occupé à analyser la météo. Dès que les températures chutent sous le zéro, c’est la mobilisation générale. Dans le vignoble, tous les hommes se préparent à la lutte. Contre l’ennemi, ils ne disposent pourtant que de moyens limités bougies et botte de foin que l’on allumera au petit matin dans l’espoir fou de réchauffer l’air à proximité des ceps. Parfois Denis Pommier renonce à installer ces dérisoires défenses, laissant la nature décider de la suite.

Ensuite, le livre nous fait traverser les mois de mai, juin et juillet ne donnent pas de répit côté météo. A cette époque, on craint les attaques du mildiou et les orages de grêle. Ce n’est qu’au mois d’août que le viticulteur peut respirer et déjà anticiper sur la récolte à venir.

Septembre dans les vignes, le mois du premier bilan

Dans le vignoble, septembre est le mois crucial où l’on fait les comptes. Certaines années, la nature se montre généreuse, les raisins gorgées de soleil annoncent une belle vendange. Et puis parfois, le destin est contraire, le millésime rebelle.

Il y a des années difficiles et même des années noires. A Chablis on se souvient du gel de 2003, de 2016 et de 2017.

2021 lui aussi sera marqué par une météo cauchemardesque avec un épisode de gel dramatique début avril, des attaques de mildiou et une pluviosité importante en juillet qui vont donner au final de tout petits rendements pour les Chardonnay.

Dans ces années particulièrement exigeantes, le viticulteur bio dispose de moyens limités. Les traitements au cuivre sont lessivés avec la pluie et obligent dont à multiplier les passages dans la vigne. C’est tout la difficulté de la conduite en vert d’une vigne que le livre de Denis Pommier met bien en avant. Il nous explique très simplement pourquoi et à quel moment il a décidé et pu se convertir.

Le choix du bio : ça s’est fait naturellement

Ça s’est fait naturellement. Je le répète comme un mantra à chaque fois qu’on me pose la question, celle qui revient inévitablement dès que je parle de mes vins.

Les larmes de ma vigne, Denis Pommier aux éditions du Cherche midi

Dans un contexte sociétal où le consommateur réclame du bien manger et boire, le livre de Denis Pommier apporte un éclairage intéressant sur le choix du bio ou pas.

Viticulteurs autodidactes, Isabelle et Denis Pommier ont fait le choix du bio il y a une dizaine d’années. La décision s’est prise avec le temps, une fois le domaine installé et pour des raisons aussi nombreuses qu’évidentes. Je citerai les principales :

  • le malaise grandissant d’employer des produits frappés d’une tête de mort et dont l’épandage provoque des dégâts visibles sur l’environnement
  • L’envie de protéger la santé des employés du domaine, de ses enfants.
  • L’apparition de nombreux cas de cancer dans son entourage

Aujourd’hui, Denis Pommier mesure le chemin accompli. Fier d’avoir accroché la petite feuille verte, le logo AB sur ses bouteilles, il n’en reste pas moins discret tellement le parcours a été difficile.

Rencontre avec Isabelle et Denis Pommier à Chablis

Début septembre, j’ai profité d’un voyage professionnel dans en Bourgogne pour aller à la rencontre d’Isabelle et Denis Pommier. Ce fut un joli moment de partage autour de leurs vins.

Les Larmes de ma vigne, un livre à lire absolument.

Pour terminer cette chronique de septembre, j’insisterai sur l’intérêt pédagogique des Larmes de ma vigne. Au fil des mots, nous marchons dans les vignes avec Denis Pommier, nous tremblons avec lui à l’annonce du gel et nous comprenons son métier qui devient encore plus complexe avec le passage à l’agriculture biologique.

Le restaurant Garopapilles, 1 étoile Michelin, baisse le rideau

La nouvelle circule sur les réseaux depuis quelques heures, l’aventure Garopapilles s’arrête après huit belles années à porter toujours plus haut l’expérience gastronomique. Ce soir, Bordeaux perd une de ses plus belles tables. Le chef Tanguy Laviale a décroché son étoile et demain la galaxie food brillera moins fort.

Triste et sous le choc, je ne trouve pas les mots pour parler de cette adresse atypique dont je parle pourtant dans ce blog depuis 2014. Et puis surtout par respect pour le chef et son équipe, je ne me hasarderai pas à commenter où expliquer cette décision.

Le chef Tanguy Laviale et sa brigade en janvier 2020

A l’heure de nous dire adieu, j’aimerais simplement remercier le chef Tanguy Laviale.

Le Chef Tanguy Laviale, ⭐️ Michelin star.

Chez Garopapilles, tu as su installer un nouveau concept de restaurant étoilé. Chez toi, rien de guindé, ni dans le décor, ni dans le service, mais de la chaleur, de l’authentique, du vrai et du beau.

En cuisine, de la rigueur, du travail et un bel esprit d’équipe.

Et dans l’assiette, de la créativité, de la passion, du talent à l’état brut. Chez toi, cela commençait très fort, dès les amuse bouches que tu voulais percutantes pour bousculer nos papilles au premier acte. Puis tu tenais la scène de bout en bout gardant le rythme pour mieux nous émouvoir.

Ici quelques images d’un diner chez Garopilles

Merci chef et bravo pour cet incroyable parcours. Pour ceux qui ont manqué les débuts, je le rappelle en quelques mots.

En 2014, Tanguy Laviale ouvre Garopapilles, son premier restaurant en tant que chef-propriétaire, il est seul en cuisine, Gaël Morand, son associé, est à la sommellerie. Quatre ans plus tard, Ils sont cinq en cuisine : le chef, Geoffrey le second, Benjamin à la pâtisserie, Marc aux cuissons et Léa en apprentissage. Camille prend en charge la salle et Gaël a bien étoffé la carte des vins. Le restaurant s’affiche dans tous les news magazines français et étrangers comme un incontournable, même pour les anglais tel le Guardian qui en fait un des 10 of the best restaurants in Bordeaux. En 2018, Le restaurant figure en #1 des eatlist des journalistes et blogueurs. Le succès est là, tous les services affichent complets quinze jours à l’avance. Et en février, ultime récompense, Le Guide Michelin attribue une étoile au restaurant.

La suite, on la connait tous. L’adresse s’installe en haut du podium. L’équipe ne lâche rien, le succès est là.

Ce soir, c’est donc la fin d’une très belle histoire.

Mais c’est aussi le début d’une nouvelle. Au sortir du premier confinement, nous avions échangé sur une nouvelle activité de coaching. Je t’imagine parfaitement transmettre les valeurs qui t’ont portées toutes ces années.

Garopapilles baisse le rideau mais je ne suis pas triste, je sais qu’un jour on te retrouvera.

Good luck Chef.

24 juin : dernière chronique avant de nous dire adieu

Puisque demain, nous partons en vacances, je vous propose de terminer l’année avec un livre Feel good, une histoire de cuisine et de Sud-Ouest, un bouquin facile à glisser dans votre valise. 

Mon gros coup de coeur du moment va à :  Ce que les étoiles doivent à la nuit d’Anne – Gaëlle Huon. 17€90 aux Editions Albin Michel Une jolie histoire de cheffe, de pays basque et d’émotions. On commence dans le drama avec des cœurs brisés, des carrières stoppées net et des coups du sort. On continue avec de l’espoir, de la tendresse pour terminer avec  … Et là je m’arrête. Il vous faudra lire le livre pour connaitre la fin.

Si je reviens au début, je vois

Chronique de juin : Roman Feel good de l’été

Deux histoires emmêlées, deux destins uniques

Il y a déjà Balthazar, le fils d’un paysan pauvre qui un soir de l’été 1951 entre par effraction dans la vie de la fantasque Romy. La belle mène une vie de bohême auprès d’une riche marquise dont la fabuleuse villa et les soirées enchantées sont connus de tout Biarritz. 

Et puis il y a Liz, une jeune cheffe venue au pays Basque sur un coup de tête après avoir perdu réputation et promesse d’étoile lors d’une effroyable soirée où l’inspecteur du Michelin venait juger de sa cuisine. Alors qu’elle semble toucher le fond, la vie met sur son chemin un mécène qui lui donne les clés d’un bistro de campagne à charge pour elle de le transformer en restaurant gastronomique en douze semaines. Voilà que Liz retrouve la niaque de ses débuts et accepte de relever le défi.

A partir de là, l’auteur nous fait vivre les deux histoires en parallèle alternant les chapitres Balthazar avec ceux de Liz. Cette astuce ajoute du suspense, modifie le rythme du récit et excite notre curiosité, notre impatience à clarifier les liens qui unissent les deux histoires. On est pris dans l’intrigue, et bien décidé à ne refermer le livre qu’une fois tournée la dernière page. 

Ce qui m’a plu dans ce livre 

Au-delà du parcours de Liz, dont on comprend très vite qu’elle va réussir son pari, il y a dans le livre un regard très juste sur le monde de la cuisine gastronomique. On parle de réputation massacrée, de trajectoire brisée et de la dureté du monde de la cuisine. Anne-Gaëlle Huon nous emmène de l’autre côté du passe, là où l’on trime dur, là où l’on transpire et se bat pour sortir une belle assiette. 

On y trouve aussi Des seconds rôles attachants

Dans Ce que les étoiles doivent à la nuit, il y a une dizaine de personnages qui gravitent autour des héros. Tous ont traversé des épreuves douloureuses qui les rendent attachants et terriblement humains. Il y a Gwen la blonde jeune femme mère d’une petite Nine, délicate enfant au cœur trop fragile. Il y a Peyo le cuisinier taiseux dont on devine qu’il cache un douloureux secret, Rosa la vielle dame charmante, ses copines les jumelles Léonie et Augustine, Basilio, le commis au talent caché de pâtissier et bien d’autres seconds rôles qui donnent du relief à l’histoire. 

Ce Que les étoiles doivent à la nuit s’emporte sur la plage. Il fait parti des titres que je vous recommande pour cet été. Si vous chercher d’autres titres, c’est ici :

Vous retrouverez dans quelques jours la liste complète sur mon blog https://sophiejuby.com

Chronique de Juin : Les recettes de la vie, de Jacky Durand

Dimanche 20, nous fêterons les papas, les darons, les padrés. Alors pour cette chronique de juin, j’ai envie de vous parler de cette relation unique qui lie un fils et son père. Dans les recettes de la vie de Jacky Durand, on est en plein dans le sujet, dans l’évocation pudique d’un amour si particulier fait d’admiration pour l’homme et de respect pour le patron-ouvrier. 

Chronique de Juin sur France Bleu Gironde : les recettes de la vie de Jacky Durand

Une histoire de cuisine et de transmission

Le récit commence la nuit où le père, chef-propriétaire du Relais fleuri s’éteint doucement sur son lit d’hôpital, les poumons rongés d’un excès de cigarette. Julien, son fils au moment des aux revoir refait le chemin de leurs vies depuis le temps du CM1 où la mère est partie. Il repart au pays de son enfance quand l’équipe du restaurant lui tenait lieu de famille. 

Au centre on trouve le père, cuisinier-artisan, toujours vêtu d’un jeans, d’un t-shirt blanc et d’un tablier bleu, pieds nus dans ses gros sabots noirs, la gitane au coin du fourneau et la passion cuisine chevillée au corps.  A ses côtés, on trouve lulu le fidèle commis, compagnon de toujours depuis leur rencontre en Algérie pendant la triste guerre. Lulu le solitaire et sa vieille mobylette. Il y a aussi Nicole la serveuse au grand coeur qui fait aussi office de mère de substitution. Et c’est trois là s’entendent sans se parler pour faire tourner le bistro. On y sert une cuisine populaire à une clientèle d’habitués.

La dure vie de chef-propriétaire.

On travaille dur au bistro et l’on vit simplement. Les plaisirs de la vie, c’est la brioche du dimanche, c’est le pâté de campagne qu’on fait le samedi pour tenir la semaine. Le chef travaille sans recette, ni pesée. Il cuisine d’instinct des plats généreux qui nourrissent son homme mais n’enrichissent pas le chef. Alors pour son fils, le père voudrait une vie meilleure, loin des fourneaux.

Mais Julien, la passion, il l’a reçu en héritage et il entend bien en faire son métier. Alors patiemment, il se forme, le soir après l’école, il reproduit les recettes du père. Celles que la mère a écrite sur un cahier recouvert de cuir et qui a disparu avec elle. 

La relation père-fils reste au cœur du roman. Elle se distend quand le jeune bachelier part faire ses études à Dijon puis se consolide quand le jeune homme choisit de revenir au Relais Fleuri. 

Il y a d’autres figures à découvrir dans le récit. Il y a Hélène, la mère agrégée de lettres et bien d’autres visages qui font le sel du roman. Quant à la touche finale, je ne la dévoile pas, je vous invite à la lecture des recettes de la vie, une court roman disponible en format poche.

Les recettes de la vie

Collection poche . Folio

Prix 7,50€

Chronique d’avril: le ventre de Paris, Emile Zola

Avril 2021, je délaisse la cuisine au profit de la littérature. J’ai décidé de confiner utile et de ne plus gaspiller mon temps libre. 

  • Au premier lockdown, j’ai fait des gâteaux, 
  • Au second je me suis mise au yoga 
  • Au troisième je nourris mon cerveau. 

Je n’ai rien trouvé de plus exotique, de plus captivant pour m’échapper de l’ambiance anxiogène de ces temps de pandémie que la lecture des Rougon Macquart d’Emile Zola. Dans cette chronique, je partage mon coup de coeur pour le ventre de Paris d’Emile ZOLA, un roman qui a pour cadre les Halles de Paris du temps où l’endroit était le coeur du Paris gourmand.

Les Rougon Macquart, le chef-d’oeuvre d’Emile Zola

Vous connaissez je suppose certains romans de la Saga. Gervaise, Nana et Au bonheur des dames sont toujours au programme du Lycée. 

Aujourd’hui je vous recommande de relire le ventre de Paris, mon préféré des épisodes de cette épopée en 20 romans. 

Pour nous les amoureux de la cuisine et du bon produit, c’est un régal, une immersion dans le paris populaire et culinaire du XIX. On y suit Florent, un évadé du bagne de Cayenne qui trouve dans les Halles de Paris un monde où se cacher. On y croise un peuple fascinant régit par la hiérarchie des métiers depuis les simples vendeuses de bouquets à deux sous jusqu’aux marchandes bien installées derrière leur étal. 

Au fil des pages, nous nous baladons dans ce marché fabuleux. On imagine les bruits, les odeurs bonnes et mauvaises. C’est vraiment une expérience virtuelle incroyable.

On y parle beaucoup poisson mais aussi cochon. Le frère du héros est charcutier. Sa boutique nous est décrite avec délectation. Zola parle d’un univers de saucisses, de langues fourrées, de pieds de cochons, de boudins et de pâté tout chaud où la viande dort dans un lac de graisse figée. 

Dans le livre tout nous ramène à la nourriture au point que les personnages ont le physique de leur repas. La méchante et décharnée vieille fille mademoiselle Saget se nourrit de rogatons quand Lisa, la belle charcutière à la chair rose trone au milieu de son étalage de victuaille. Vous ne pourrez que sourire à la lecture de ce grand classique et en ce moment cela fait un bien fou. 

Gervaise, Nana la chute et l’ascension des femmes au XIX

Si vous aimez, les sagas, il faut lire absolument Gervaise et Nana. Le premier parle du paris populaire et ouvrier de la Goutte d’Or quand le second nous ouvre les portes des boudoirs et des hôtels particuliers où les hommes du monde venait s’encanailler et perdre leur fortune avec des cocottes insasiables. A chaque fois, la cuisine, la table et le repas occupent une place très importante dans le récit.

Dis-moi ce que tu manges et je te dirais qui tu es.

Brillat – Savarin 1825

Cette phrase de Brillat-Savarin, auteur culinaire, trouve dans les Rougon-Macquart sa parfaite illustration. Chez Zola, le repas a une dimension symbolique majeure. Dans le livre, il y a le snacking, le déjeuner avalé sur un coin de table. Mais il y a surtout le banquet, celui des noces et celui qu’on offre aux voisins pour montrer sa nouvelle position sociale.

Dans Gervaise, l’héroïne convie les habitants du quartier à partager un festin pour l’inauguration de sa blanchisserie, commerce qu’elle mangera petit à petit en boisson et régalades.

Plus tard,Nana, la fille d’ouvrier pauvre devenue femme entretenue marquera son installation dans un hôtel particulier par un banquet où elle étalera un luxe de vaisselle et de mets choisis.

Le repas gastronomique à la française, un élément du patrimoine mondial

Pour terminer sur la place de la cuisine et du repas chez Zola, je dirais que l’écrivain en homme de son siècle montre l’importance prise par la gastronomie à cet époque. L’essor de la bourgeoisie au XIX révolutionne la cuisine française. Tout ce qui était autrefois réservé à la cour entre dans le monde nouveau des familles enrichies par le commerce et l’industrie.

La salle à manger est une invention de cette époque comme vous pouvez le découvrir ici: http://bordeaux-cuisine-and-co.org/tag/arts-decoratifs-bordeaux/

Voilà, il ne vous reste plus qu’à courir chez votre libraire favori. Je rappelle qu’en ce troisième confinement le livre est devenu essentiel. On trouve les romans d’Emile Zola en édition poche au prix de 4€. C’est un voyage dans le temps qui ne vous ruinera pas. 

Chronique d’avril : Inde 70 recettes chez Hachette cuisine

Veille de Pâques, j’étais dans les menus de fête et les poules en chocolat. Et bim, hier soir, notre président nous annonce un troisième confinement, pas cool. L’annonce m’ a surprise et attristée. Ici à Bordeaux, on avait presque oublié la pandémie. Mais le covid n’a pas fondu sous le soleil de ces derniers jours, il faut encore se protéger. Et puisqu’il faut passer par un nouveau lockout, on va garder le sourire avec des gestes anti-stress et des astuces pour lutter contre la morosité.

Mon remède, c’est partir en voyage sans quitter Bordeaux avec la cuisine du monde. Aujourd’hui, pour cette chronique d’avril, je vous propose un food trip en Inde avec le livre de Poonam Chawla sorti chez Hachette cuisine.

Inde est composé de 70 recettes traditionnelles transmises de générations en générations. Avec une cuisine familiale et accessible, ce livre s’adresse à tous. Pour réaliser les préparations, il suffit d’avoir un tiroir à épices bien garni. A minima, il vous faudra Cumin, curcuma, coriandre ail et gingembre sont les ingrédients de base. Ensuite, Poonam Chawla utilise aussi beaucoup la cardamome, la cannelle, le clou de girofle et bien sur le piment mais sans exagération. Ces épices, on les trouve dans les bonnes épiceries. A Bordeaux, j’ai une chouette adresse, c’est Dock des épices rue Saint James.

Inde, 70 recettes chez Hachette cuisine, le menu :

Dans ce livre largement illustré, on trouve 70 recettes autour :

  • Des légumes
  • Des daals et curry 
  • Des chutneys
  • Du riz 

Et bien sur des pains indiens, dont les fameuses galettes ou chapati 

Les lentilles et les légumes constituent la base de l’alimentation des indiens mais ce pays de végétariens compte aussi des spécialités à base de viande comme le poulet tikka. Pour vous et puisque que nous sommes à la veille de Pâques, période de l’année où la tradition met l’agneau sur nos tables, j’ai choisi dans le livre une recette de boulette toute simple à base d’agneau.

Shammi Kebab ou boulette d’agneau.

Pour ce plat traditionnel indien, Poonam chawla nous propose dans son livre INDE, la recette suivante :

  • Réalisez d’abord un bouillon parfumé avec ½ litre d’eau et des épices laurier, cannelle, cardamome et clous de girofle
  • Plongez-y 350 gr d’agneau coupés en morceau. On laisse cuire 5 mn
  • Puis mixez la viande avec 1 œuf, 1 oignon 4 gousses d’ail du gingembre, de la menthe, coriandre fraîche, du cumin et du garam masala. 
  • Ajoutez du beurre clarifié, du sel et du piment. 
  • Avec les mains, réalisez de petites boulettes que l’on fait frire à l’huile dans un poêle. 
  • On égoutte et c’est tout. 

A déguster avec du riz et une sauce tomate maison. 

Astuce Batchcooking : Ces petites boulettes supportent facilement la congélation. C’est une idée à mettre dans un programme batchcooking. 

Et maintenant, à vous de jouer. Et si vous souhaitez plus de recettes à voyager, RDV chez votre libraire favori pour acheter le livre

INDE

Editions Hachette cuisine

70 recettes, 12€

Tokyo, un livre à voyager aux Editions du Chêne

Mars 2021, un an déjà que nous avons rangé nos valises. En guise d’évasion, Il nous reste les souvenirs mais aussi les livres, machines à rêver et à voyager. Aujourd’hui je vous emmène dans un pays à la gastronomie aussi riche que fascinante. Destination le Japon avec le très joli Tokyo aux éditions du Chêne, une maison spécialisée dans les beaux ouvrages illustrés. 

Avec Tokyo, nous partons à la découverte d’une mégalopole aux 40 millions d’habitants. Les auteurs Johann Fleuri et Pierre Javelle nous font découvrir le meilleur de la seconde plus grande ville du monde. Ils posent un regard d’esthètes amoureux sur les lieux. Ils mélangent l’histoire, l’architecture et les habitudes de 8 quartiers choisis pour leur personnalité attachante. Leur travail nous permet d’imaginer la physionomie d’une ville où le passé se limite souvent aux temples, aux parcs et à quelques rues, derniers vestiges d’une histoire douloureuse.

Tokyo est une survivante. Elle a connu deux évènements destructeurs : un tremblement de terre en 1923 qui a fait plus de 60 000 morts et détruits des quartiers entiers  et les bombardements américains en 1945. 

Tokyo, la capitale aux 160 000 restaurants

Côté gastronomie, la capitale nippone mérite le voyage. Ville la plus étoilée du monde, elle ne compte pas moins de 160 000 restaurants. Ils sont en général dédiés à une spécialité comme les ramen (ce sont des nouilles de blé que l’on mange dans un bol rempli d’un bouillon parfumé ), les sushis ou les yakitoris.  

Pour nous les occidentaux, l’expérience est une véritable fête. La cuisine japonaise bouleverse nos référentiels visuels et gustatifs. Dans un diner au restaurant, tout nous interpelle, tout est nouveau et déroutant.

Là-bas, on mange au bol et à la baguette, des bouillons, des brochettes, des bouchées, des portions. Tout change dans la présentation des plats, la vaisselle, le mode de dégustation. Et côté recettes, les ingrédients, les cuissons et les saveurs diffèrent de ceux que nous connaissons déjà. 

Le livre Tokyo par ses nombreuses illustrations nous ouvre les portes d’un univers incroyable. Il donne un aperçu de la richesse de la cuisine japonaise. Tenez par exemple, savez-vous que l’on mange du curry au Japon. Très différent de son cousin indien, le curry Japonais est un plat très populaire – recette ici : http://bordeaux-cuisine-and-co.org/tag/nouilles-japonaises/

Tokyo, un livre séquencé en 8 chapitres autour de quartiers 

Pour chaque quartier sélectionné, le livre nous propose un itinéraire de balade qui nous fait découvrir les sites remarquables, les temples, les parcs mais aussi les adresses gourmandes. 

Johann et Pierre nous ont précèdé dans Tokyo et choisi pour nous 

Nous commençons par le centre historique, le quartier de Chuo connu pour le Tsukiji market, l’ancien marché au thon de la ville. Le négoce de gros a été déplacé mais il reste un immense espace dédié à la restauration. Nous allons nous régaler de poissons et de fruits de mer. Au comptoir de petites échoppes, nous commandons des petits crabes sucrés à déguster entier, des Saint Jacques grillées sur de mini barbecue…

Le soir, nous poursuivons notre balade gastronomique par un diner à Tsukishima, un quartier moins connu où l’on se régale d’une galette garnie de viande ou de fruit de mer, une monjayaki. Celle-ci est cuite minute devant nos yeux sur une plaque chauffante

Je pourrais prolonger la visite avec vous mais nous manquons de temps. Je vous recommande donc de feuilleter Tokyo à la maison et de partir dans une véritable déambulation au pays du soleil levant. Ce livre est une invitation au voyage et à la gourmandise. Et pour ceux qui souhaitent prolonger l’aventure asiatique, je vous suggère d’aller faire un tour du côté de nos restaurants bordelais. Certains ont de très bonnes propositions de vente à emporter. 

La liste complète des chapitres, les 8 quartiers à voir absolument 

  • Chuo – marché au poisson de tsukuji market 
  • Taito – cuisine de rue – yakitori
  • Bunkyo – rue  yanaka  ginza – ruelle des chats – petits snacks
  • Shinjuku – karaoké et boire un verre
  • Setagaya – quartier bohême- nous irons au restaurant shirube
  • Shibuya, célèbre pour son carrefour …- coin des friandises  harajuku 
  • Meguro – boire un café dans une boutique tendance
  • Chiyoda – quartier d’affaires

Ce que j’ai aimé :

  • Les couleurs
  • l’esthétique
  • La mise en page soignée
  • La richesse de l’iconographie

Je termine par les informations sur Tokyo,le livre à voyager. C’est aux Editions du chêne et coute 29,90€. Tokyo de Johann Fleuri et Pierre Javelle : un regard sur l’architecture, la singularité et les essentiels de 8 quartiers singuliers

Qui follower sur les réseaux ? mon Top 10 des instagram foodies

Instagram, Facebook, qui suivre ? Pour vous aider à vous y retrouver dans la multitude des propositions, je partage mes coups de coeur, 5 comptes de copines et 5 comptes d’influenceurs.

Février, c’est les vacances. Vous êtes peut-être planqué dans un chalet ou chez mamie à la campagne. Je pense très fort à vous (en vrai je vous envie), c’est pas hyper facile de trouver une bonne librairie en haut des pistes. Le portable, lui, il vous suit partout, donc, j’oublie les livres et vous emmène sur les réseaux à la recherche de dix top instagram foodies.

Voici ma liste de blogueurs à suivre pour piocher des idées, booster votre référentiel et trouver la recette du cake d’amour à servir à votre chéri dimanche. Et oui, petit rappel pour les étourdis, nous serons le 14 février, c’est la Saint Valentin.

Fin de la parenthèse, je reviens aux réseaux .

Les comptes Instagram des copines Bordelaises

  • Gaëlle Sacarabany, Mon bonheur Gourmand. https://monbonheurgourmand.com des idées épicées autour de la cuisine des Caraïbes. Sur sa page, dans son blog des astuces, des recettes et secrets d’utilisation des épices dans la cuisine de tous les jours.
  • Stéphanie Jouan, la cerise sur le maillot. https://lacerisesurlemaillot.fr un page avec toutes les recettes de Stéphanie. Beaucoup de légumes et d’aliments bien-être. Mais aussi de nombreuses publications sur le Batchcooking et le rééquilibrage alimentaire. Une fille à suivre absolument.
  • Audrey, Audrey cuisine. https://www.audreycuisine.fr une page extrêmement complète qui balaie tous les aspects de la cuisine familiale. En bonus, le partage de souvenirs de voyages, des recommandations produits et des concours .
  • Eva, Evatorocoro. https://evaettorocoro.com un monde délicat où se mêlent recettes et photos de la région. Installée à Bordeaux depuis presque 20 ans, Eva promène son regard amoureux sur sa ville d’adoption et sur le bassin d’Arcachon. Beaucoup de clichés de coffee shop et de gâteaux du goûter, la passion de notre belle madrilène.
  • Stéphanie, Cookntinem. https://www.cookntinem.fr une invitation au voyage gastronomique dans l’univers délicat de la cheffe Stéphanie. De très jolies photos à manger.
Avec les copines, quand on parle de cuisine. Photo Sandra Hygonnenc

Mes influenceurs favoris

Ce sont des personnalités de la Food qui nous inspirent et nous poussent à challenger notre répertoire cuisine.

  • Anne Sophie Vidal : 👩‍🍳 🧁🥮 👶 https://www.fashioncooking.fr. Anne – Sophie, c’est la jolie rousse que l’on a découverte en 2014 dans la saison 3 du Meilleur pâtissier, une édition qu’elle remporte avec brio. Depuis je continue de la suivre. Elle a une page Instagram dédiée à la pâtisserie. J’aime beaucoup son univers girly, lumineux et joyeux. Et petites touches, Anne-sophie partage des photos de ses petitous. Déjà maman de 2, elle nous émeut avec les portraits de son petit dernier. Trop chou.
  • Clem Foodie. 🧁 🥐 🥮 🍕https://clemfoodie.com/category/desserts/, des tartes, des quiches et des brioches, un univers très coffee shop inspirée de la cuisine nord américaine.
  • Georgoa McDermott, 🧁🍪 🥯 🥗 https://georgeats.com. La page de Georgia, une australienne, photographe et styliste culinaire. Elle cuisine gluten free et presque vegan.
  • Kailey, The Kitchenmccabe. 🎂 🥮 🥂 🥧 https://www.thekitchenmccabe.com Kailey est aussi styliste culinaire. elle vit dans l’Utah. Des sublimes photos dans une ambiance très léchée comme une nature morte de vermeer, vous savez la femme qui verse le lait . Une fille que je suis essentiellement pour ses photos.
  • Dorian Nieto, 🥘 🧁🍲🥗 http://doriannn.blogspot.com. Dorian a le don de la mise en scène, des photos à manger. Son blog a le mérite de la simplicité. chez Dorian, tout est bien rangé, par ordre alphabétique. C’est hyper facile de se retrouver dans les recettes.
  • Marie, Sweet&sour 🧁🍪🍩🧁. Recettes de pâtisserie vegan, vidéos et autos de petits biscuits, cookies

Oups ! 🧐 🤭 🙄 il y déjà 11 adresses de page dans mon top 10 des compte instagram Foodies . Désolée, il y a tellement de bonnes propositions que je ne sais pas me limiter. Je fais une boulimie de photos inspirantes.